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Marchandisation

Un secteur convoité et soumis à concurrence

Le secteur à profit social (non marchand) rencontre de nombreux défis face auxquels il doit défendre et conforter sa spécificité et sa finalité à profit social. La convoitise et la marchandisation d’une partie de ses activités représentent à ce titre un enjeu crucial pour le secteur.

Les risques liés à la marchandisation du secteur

Le développement important du secteur à profit social (non marchand) implique une professionnalisation de ses outils, de ses structures et de ses acteurs. Cette nouvelle réalité suscite l’intérêt de l’ensemble du marché. À titre d’exemple, la concurrence est réelle entre les opérateurs de formation pour acquérir le marché de la formation des cadres du non-marchand. Une concurrence similaire se constate au niveau des secrétariats sociaux, au niveau des organisations de consultances, des assurances, des institutions de crédits, etc. Cet intérêt grandissant témoigne de la bonne santé du secteur et de son importance dans la société. Néanmoins, cette évolution comporte un risque, celui d’y perdre son âme "associative".

Afin de rencontrer les besoins croissants et émergeants de la population et compte tenu des limites budgétaires des pouvoirs publics, le secteur doit également chercher de nouvelles sources de financement. Cette recherche apporte des solutions innovantes : mécénat, tiers investisseurs, politique tarifaire, nouveau marché, etc. Par exemple, des établissements hospitaliers belges ont ouvert leurs centres d’excellence aux patients étrangers. Cet apport permettra d’investir en Belgique, tant en matériel médical qu’en infrastructure dans de nombreux domaines. En outre, des emplois pourraient être créés en soignant davantage de patients étrangers dans notre pays. Si cette expérience peut sembler prometteuse et prouve le dynamisme du secteur en matière d’innovation sociale, elle illustre également le danger qui guette le secteur, à savoir une forme de marchandisation des services à profit social.

De manière plus globale, c’est l’évolution récente des relations entre les pouvoirs publics et les services à profit social vers une "régulation concurrentielle" qui pose question. Les pouvoirs publics ne financent plus uniquement les structures qui offrent les services mais également les personnes qui en bénéficient (déduction fiscale, allocations, etc.). Selon ce mécanisme, le bénéficiaire rétribue lui-même les services, ce qui permettra à des acteurs commerciaux d’intégrer le marché en pratiquant des prix rentables – prix qui permettent de dégager un bénéfice, c’est-à-dire de couvrir plus que les coûts de production – et d’y accentuer la concurrence. En outre, le soutien direct aux structures qui offrent les services passent de plus en plus par des appels d’offre ouverts à tous types d’entreprises à but non lucratif ou commercial.

Théoriquement, l’augmentation de la concurrence devrait permettre d’améliorer l’efficacité du marché (lien entre l’offre et la demande). En réalité, ces mécanismes ouvrent surtout le marché à des entreprises commerciales avec le risque de provoquer une "marchandisation" du secteur et une perte du lien relationnel. Face aux exigences de rentabilité, il existe un risque que les aspects non contractuels des services à la population soient négligés et que les bénéficiaires les plus solvables soient préférés au détriment des plus pauvres. L’accessibilité pour tous les types de revenu à des services de qualité serait ainsi remise en cause. Une évolution vers une dualisation de l’offre de services serait inévitable avec d’une part, des services commerciaux de qualité pour les personnes aisées et d’autre part, des services publics minimums pour les plus défavorisés.

Le secteur se doit de faire face à ce nouveau défi afin de préserver ses valeurs et son souci de garantir le libre choix et l’accessibilité financière à des services de qualité.

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